C’était hier…
Gérard Bourquenoud |. Il y a plus d’un siècle, plus précisément en 1887, les bœufs des moulins de Granges labouraient les champs de blé, amenaient la récolte jusqu’au moulin, celui de Denezy qui fonctionnait par la force de l’eau de la Lembaz, un ruisseau issu des bois de Thierrens. Ces animaux véhiculaient également la farine jusque vers les boulangeries de la région, même s’il leur fallait du temps pour parcourir quelques kilomètres. Les hommes comme les bœufs n’étaient en aucun cas stressés pour effectuer de tels transports. Dans son livre sur «Les Vieux Moulins», Pierre Delacrétaz écrit que cette époque était celle où la montre n’enchaînait pas le poignet comme l’anneau d’un esclave, où les minutes ne s’estimaient pas en francs et centimes, où la cloche de l’école, la sirène de l’usine, la palette du chef de gare ne découpaient pas la vie en tranches. Puis vint le temps des chevaux. Vers 1937, l’écurie d’un transporteur abritait vingt-cinq chevaux. Des harnachements aux parures de cuivre, bien astiqués, des pompons de laine rouge, des colliers de grelots, contribuaient chez nous comme ailleurs, au bon aspect des attelages et au prestige des gens qui se chargaient du transport des marchandises.

