Cinéma – Dida de Nikola Ilić et Corina Schwingruber Ilić
A Oron, dimanche 24 juillet à 20h

Charlyne Genoud | Par un film s’approchant du journal intime filmé, le couple de cinéastes suisses propose de questionner comment on se positionne, en tant qu’enfant, quand les rôles de protection et de soutien s’inversent avec ses parents. Au cinéma d’Oron depuis vendredi.
Nikola Ilić a grandi à Belgrade, puis a déménagé en Suisse en 2007. Après un travail de technicien, il enchaîne sur une formation à la haute école d’arts de Lucerne en 2010. De l’œuvre qui succède à sa formation, on se souvient notamment des très belles images de All inclusive, un court-métrage projeté dans de nombreux festivals. Le film restituait de façon grinçante et ironique le quotidien à bord d’un bateau de croisière où toutes les consommations des voyageurs sont comprises dans le prix de départ. Dirigé par sa compagne Corina Schwingruber Ilić, ce film se distingue beaucoup de celui qu’ils co-dirigent tous deux et qui sort cette semaine : Dida.
Dida est un film documentaire proche du témoignage voire du journal intime. Une voix-over précise ainsi les enjeux d’une situation particulière, celle du réalisateur partagé entre sa vie serbe et sa vie suisse. Il s’agit ainsi de suivre la mère du réalisateur, qui a des difficultés d’apprentissage et dépend depuis toujours de sa mère. Entre les allers-retours de la Suisse à la Serbie que cette situation lui impose, il semble se demander jusqu’où doit aller le sacrifice d’un enfant pour un parent. Et en même temps, les choix sont vite faits : le quotidien du couple à Zurich est vite orchestré autour des besoins de Dida. Le long-métrage est ainsi un film de famille intime, qui parle d’un sentiment profondément universel.
Dida, un film de Nikola Ilić et Corina Schwingruber Ilić, 2021, Suisse, 78 minutes, VO allemand, suisse allemand, serbe – sous-titres FR

