David et Goliath
Arvid Ellefsplass | Le Conseil des Etats et le Conseil National ont repris leurs activités lundi 4 mai dernier. La distanciation nécessaire les a propulsés dans les halles de Bernexpo ce qui n’a nullement empêché les traditionnelles passes d’armes partisanes. La démocratie a repris ses droits, et certains attendent que le Conseil fédéral lève l’état d’urgence pour confirmer cet état.
La valse a repris. Le Conseil fédéral et les deux chambres du Parlement se renvoient la balle au sujet de l’aide à la presse. Le temps est précieux en ces temps incertains et une décision rapide serait plus que bienvenue.
Explications. L’aide à la presse consiste en un montant substantiel pris en charge par la Confédération afin réduire les frais de distribution des journaux par La Poste. Nul besoin de dire que ces charges sont non-négligeables, et plus particulièrement dans cette période incertaine.
Dans la période d’avant la crise, cette aide n’était octroyée qu’à certaines conditions complexes et contraignantes. Il s’avère que les discutions bernoises du moment parlent d’une aide généralisée à tous les titres, nationaux, régionaux et locaux sous l’égide de la nécessité d’une information plurielle et variée, garante de la libre opinion de chacun. Il ne s’agit donc pas de cacahuètes.
Cette diversité de la presse suisse est constituée de multiples modèles structurels et financiers. Les titres les plus connus appartiennent à des groupes média dont les plus connus sont TXMedia, Ringier et ESH. Ces groupes varient leurs portefeuilles avec d’autres structures autrement plus rentables (anibis, autoscout et autres plateformes internet de vente…).
Or, l’énorme majorité des titres suisses sont indépendants et, par nature, bien plus vulnérables. C’est une bataille de David contre Goliath qui se déroule, mais au vu de la solidarité qui s’est développée et de l’implication locale des petits journaux, il se pourrait bien que ce mythe ait le même épilogue.