Hommage à Jacques Corti au Cadratin
L’atelier typographique de Sottens expose jusqu’au 17 décembre prochain les œuvres du peintre et poète français. L’exposition retrace la carrière de l’artiste du Havre, décédé en 2019 à l’âge de 91 ans.
Des années septante jusqu’à sa mort, les peintures de cet ancien médecin généraliste sont visibles à la galerie Le Cadratin. En tout, ce sont une trentaine d’œuvres qui permettent de découvrir la palette graphique de l’artiste: « Inspiré par le Cubisme de Picasso, Jacques Corti a su trouver sa propre écriture », précise Eric Baudet, galeriste au Havre. « Grâce à sa personnalité et sa grande culture, ses œuvres sont complètement différentes et ne ressemblent à nulles autres », ajoute l’ancien ami de l’artiste normand.
Grâce à sa personnalité et sa grande culture, ses œuvres sont complètement différentes et ne ressemblent à nulles autres
Eric Baudet, galeriste au Havre
Le travail de Jacques Corti est riche en couleurs : « Sa personnalité joueuse y est sans doute pour quelque chose », admet Gérard Leconte, ami proche de l’artiste. « Son but était de transmettre une impression, afin de véhiculer un sentiment à celui qui la contemple ». Si les proches de Jacques Corti savent qu’il s’est essayé quelques fois à l’huile, c’est l’acrylique qu’il affectionne plus particulièrement. Un médium qu’il a exploité durant toute sa carrière : « En 2015, malgré sa maladie, il a continué à peindre en restant assis devant un chevalet ». Des œuvres au format plus petit qui sont par ailleurs également exposées à Sottens.
De la médecine à la peinture
Né en 1928 au Havre, Jacques Corti se passionne dès son plus jeune âge pour la peinture. A l’écoute des gens qu’il côtoie et de son environnement, il fait conjointement des études de médecine et d’histoire de l’art. Le Havrais fréquente l’Union des Arts plastiques à Paris : « Il y rencontre Picasso en 1960 », ajoute Eric Baudet. Dès 1976, ses peintures sur toiles faites d’acrylique, de collages ou encore de glacis s’exposent du Havre à Vevey, en passant par Troyes dans le département de l’Aube.
Son dessin était volontairement déstructuré comme pour mieux représenter la séduction féminine
Gérard Leconte, ami proche de jacques corti
« Si parfois il ne peignait pas plusieurs jours d’affilée, la cadence de travail devient plus soutenue dès sa retraite », précise Gérard Leconte, qui a accompagné l’artiste jusqu’à la fin de sa carrière. Ceux qui l’ont côtoyé savent que la sensualité du corps de la femme tenait une place importante dans l’œuvre de Jacques Corti. Il suffit d’observer son travail pour s’en rendre compte : « Son dessin était volontairement déstructuré comme pour mieux représenter la séduction féminine ».
Qui était Jacques Corti ?
« C’était quelqu’un de généreux, qui ne cherchait pas la gloire, mais plutôt les rencontres enrichissantes », détaille Eric Baudet. Chaque semaine, le peintre fréquentait une académie de dessin pour parfaire son travail : « Il pouvait très bien avoir un trait académique. Mais il aimait et brisait les codes académiques ». Gestes amples et couleurs intenses, Jacques Corti était aussi poète. Jean-Renaud Dagon, maître imprimeur, éditeur et responsable du Cadratin, a permis au peintre et poète havrais de s’exprimer par l’art de l’écrit en publiant : « A cœur et à corps », « Silence…je t’aime » et « l’Aloyau ». Trois ouvrages qui rassemblent poèmes, nouvelles et dessins.
A découvrir également jusqu’au 17 décembre à l’Atelier typographique de Sottens.