Jorat-Mézières – Le Théâtre du Jorat au défi des temps modernes
Pour poursuivre son aventure théâtrale, la Grange Sublime a besoin de travaux de rénovation. Coût de l’opération : 9.7 millions de francs.

Depuis la gauche : Patrick Gavillet, syndic de Lucens – Didier Fattebert, syndic de Maracon Christian Ramuz, président du Conseil de fondation – Ariane Moret et Nathalie Langlois, co-directrices
Etienne Cherpillod, syndic de Vucherens et Patrice Guenat, syndic de Jorat-Mézières
Ces travaux sont obligatoires », lance Christian Ramuz, président du Conseil de fondation du Théâtre du Jorat. Un rendez-vous à l’intention de la presse, original, puisque deux minutes après que tout le monde a pris place, on frappe à la porte du théâtre : « Je suis René Morax, fondateur de ce monument inauguré en 1908 », annonce Thierry Romanens. Le comédien rejoint alors la scène pour scénariser un jeu de questions-réponses avec les représentants de la Grange Sublime.
Nous en avons parlé dans notre édition du 25 août dernier, les travaux englobent le remplacement de la partie arrière du Théâtre : « Depuis les années soixante, il y a une espèce de bricolage en bois que l’on appelle l’annexe », précise Christian Ramuz. Si cette partie a rendu bien des services, elle ne correspond plus aux normes actuelles. Dès l’automne 2023, cet appendice sera entièrement démonté pour être reconstruit sur trois étages. L’administration et les archives siégeront au premier étage, tandis que les loges et un espace dédié aux artistes (capacité de plus de 150 personnes) se trouveront au rez-de-chaussée : « Au sous-sol, on retrouvera des WC publics destinés aux personnes à mobilité réduite », ajoute Ariane Moret, co-directrice artistique.
Scène élargie
Inscrit en tant que bien culturel suisse d’importance nationale, le bâtiment principal ne peut être modifié. Cependant, la scène séparant les gradins de l’annexe peut être élargie : « Nous allons commencer par déplacer les étais afin d’offrir une meilleure visibilité », souligne Nathalie Langlois, co-directrice en charge de la communication. Les deux pièces de soutien permettront d’élargir de deux mètres le cadre de scène.
Nous allons commencer par déplacer les étais afin d’offrir
Nathalie Langlois, co-directrice
une meilleure visibilité
Si cela va augmenter la visibilité des personnes assises dans les angles, cette modification permettra également de changer la manière de concevoir le théâtre : « Cela aura une influence sur le type de spectacles », ajoute Christian Ramuz. Si la tendance est à la proximité entre artistes et public, le projet de rénovation ajoutera plus de profondeur aux pièces théâtrales. Pour participer à l’immersion des spectateurs, la grille surplombant la scène (permettant de fixer projecteur et matériel) sera elle aussi remplacée pour répondre aux normes en vigueur.
Pavillon de bois
A l’image de la bâtisse construite en 1908, c’est le bois qui a été choisi pour la construction de l’annexe et d’un pavillon : « Ce nouveau bâtiment de 300m2 nous permettra de recevoir notre public et nos partenaires dans de bonnes conditions », précise Ariane Moret. 150 m2 de panneaux solaires sont prévus sur la toiture du futur pavillon.
Côté jardin, des arbres et de nouveaux arbustes y prendront racine : « Nous serons une terre d’accueil pour les papillons, car nous voulons apporter de la poésie dans cet environnement », ajoute la co-directrice en souriant. Les cheminements entre bâtiments adjacents et le théâtre seront modifiés pour répondre aux besoins des personnes à mobilité réduite. La fin des rénovations est prévue pour le 1er mai 2025.
Levée de fonds
Pour perpétuer l’œuvre de René Morax, le Théâtre du Jorat lance une vaste campagne de levée de fonds. Sur son site internet, un formulaire permet de soutenir la rénovation de l’édifice : « Nous allons faire appel au canton, aux institutions, aux fondations, aux entreprises, aux communes et au grand public pour réunir cette somme », commente le président du Conseil de fondation.
Sous forme de dialogue théâtral via projections vidéo, des artistes comme Stephan Eicher, Yvette Théraulaz, Brigitte Rosset ou encore les deux Vincent expriment leur attachement au théâtre : « Les planches de la Grange Sublime sont imprégnées d’histoire, il sera bien de les restaurer », raconte Vincent Veillon avant d’être interrompu par son acolyte : « Mais pas trop, car il faut garder l’âme du lieu ».